Le Journal du Rital

Articles classés sous ‘reportages’

Jeune journaliste gagne un prix historique, en France…

mai 17, 2009 · Un commentaire

C’est une bonne nouvelle: une jeune journaliste indépendante Sophie Bouillon, 25 ans, a gagné le prix Albert-Londres, le plus important prix journalistique français, pour le reportage« Bienvenue chez Mugabe ! » publié sur la revue XXI, un magazine très bien fait.
Elle est issue d’une école de journalisme, l’ESJ de Lille, qu’on m’a dit être la meilleure en France. Après avoir terminé ses études, Sophie a choisi de se rendre souvent en Zimbabwe, pays qu’elle a connu pendant un séjour de volontariat en 2005, jusqu’à s’installer définitivement à Johannesburg, d’où elle écrit régulièrement des articles pour La Croix (ses reportages à ce lien), Jeune Afrique, lemonde.fr et pour Radio France.

Son expérience a des aspects surnaturels: je crois qu’en Italie aucun journaliste issu d’une école serait capable de s’installer à l’étranger; je crois qu’en Italie aucun journaliste issu d’une école le ferait sans avoir un contrat qui garantit un salaire régulier, en se gagnant de quoi vivre juste avec des piges; je crois qu’aucun journaliste dans ces conditions serait capable de gagner un prix si important.

Tout cela rend extraordinaire la victoire de Sophie Bouillon.
J’espère que son expérience pourra avoir des effets positifs sur les jeunes journaliste en France et en Italie.

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Asyle dans l’Ue: le Parlement veut mettre en place de nouvelles règles

mai 7, 2009 · Laisser un commentaire

J’avais écrit un article à propos de ce sujet sur Cafébabel, republié dans ce blog en fin d’avril. Jeudi le Parlement européen a adopté une série de mesures pour améliorer le fonctionnement du système d’asile européen et renforcer les droits des demandeurs d’asile.

En Italie il y a un besoin énorme de lois de soutien les réfugiés, comme le démontrent les conditions de Somaliens à la clinique San Paolo de Turin; ou les lois que le ministre de l’Intérieur Roberto Maroni, de la Ligue du Nord, a proposé pour limiter l’arrivé des immigrés clandestins de la Libye et augmenter leurs rapatriements.

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Dans la clinique San Paolo, avec les réfugiés somaliens

mai 5, 2009 · Un commentaire

Avec une collègue du master, on a réalisé ce réportage vidéo, probablement le premier d’une série sur le sujet des réfugiés somaliens qui habitent l’ancien clinique hospitalière San Paolo, à Turin.

Les homme politiques de droite, appartenant au PdL ou à la Ligue du Nord, dernièrement essaient de tout faire pour faire terminer le bloquage du bâtiment. Par exemple, pour augmenter la peur des habitants du quartier, dans les déclarations des politiques quelques cas de gale, dus à la manque d’eau et d’igiène à l’intérieur, sont devenu une “épidémie”.

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Violence entre étudiants à Turin

mars 19, 2009 · Un commentaire

scontri-palazzo-nuovo
J’ai passé la matinée d’aujurd’hui à Palazzo Nuovo (Palais Nouveau), un des plus important lieu de l’Université de Turin. Il y a eu, pour la deuxième fois en deux semaine, des affrontements entre les jeunes des collectifs d’extrême gauche et les étudiants de droite, avec une intervention policier. Parfois il semble d’être dans le passé, dans les années ‘60 ou ‘70, les années “de plomb”, comme on les appelle en Italie.

J’ai du reconstruire les événements du début en parlant avec les témoins et les protagonistes. Il est difficile d’écrire un article précis et objectif quand il y a deux côtés politiques extrêmes que disent ce qui plus leur convient. J’ai essaié de le faire, et sur Futura on-line, le magazine en-ligne du master en journalisme de l’université de Turin.

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« Free Palestine » : l’Europe entre Israël et Gaza

mars 17, 2009 · 2 commentaires

Un manifestant pro-palestine à Paris (photo de bizzane@flickr)

Un manifestant pro-palestine à Paris (photo de bizzane@flickr)

De Londres à Paris, d’Amsterdam à Madrid en passant par Bruxelles, des milliers d’immigrés musulmans sont descendus dans les rues pour protester contre les bombardements de l’Etat hébreu. A Londres, environ 20 000 personnes sont descendues dans la rue. Certaines d’entre elles ont même jeté des chaussures contre l’ambassade d’Israël. Quelques voitures ont été brulées. A Amsterdam, des manifestants scandaient : « Hamas ! Hamas ! Les juifs dans les chambres à gaz ! » A Paris, durant 18 jours, on a enregistré 66 actes de malveillance contre les juifs et leurs institutions. Il en a résulté plusieurs agressions, des débuts d’incendies de synagogues suite à des jets de cocktails Molotov et divers autres marques de vandalisme portées contre des lieux de culte. De son côté, Hassen Chalghouni, l’Iman de Drancy qui demandait à ses fidèles de ne pas importer le conflit en France, a reçu des menaces de morts à cause de son « amitié » avec les juifs. (Lire la suite…)

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Folklore et prières pour Sainte Sarah

février 18, 2009 · Laisser un commentaire

Gitans ou Sintis se réunissent une fois par an aux Saintes-Maries de la Mer, en Camargue. L’occasion de prier pour leur sainte protectrice Sarah et faire de la musique, sous les yeux des Italiens en vacances.

La légende raconte que sur cette barque qui porta les trois Saintes de la Palestine en France se trouvait aussi leur servante Sarah. Une autre affirme que Sarah était une nomade qui accueillit les réfugiées palestiniennes dans son village. On l’appelle « la Khali », la Noire, à cause de sa peau sombre qui renvoie à ses origines mystérieuses. C’est la sainte protectrice des gens du voyage, même si elle n’est pas officiellement reconnue par l’église : eux-mêmes à l’écart de la société, ils ont choisi une patronne à leur image.

Dans cet après-midi du 24 mai, Sainte Sarah est donc portée en procession à travers les rues des Saintes-Maries de la Mer, jusqu’à la plage où aurait accosté la barque. Les porteurs avancent avec difficultés dans les rues du bourg remplies par la foule. Même les cavaliers camarguais sur les typiques chevaux blancs et les arlésiennes aux lourds habits traditionnels ont du mal à se déplacer, mais ils ne perdent pas leur contenance.

Sur la plage, la foule se reforme en avançant vers la mer. Porteurs, gens du voyage et cavaliers entrent dans l’eau et se mettent en rang, tournés vers la plage. C’est le moment le plus solennel et le plus mystique, le point culminant du pèlerinage, quand tous s’unissent dans la prière. Le rite terminé, Sainte Sarah est rapportée à l’église au son de la musique et des cloches. La fête commence alors : sur les petites places et les terrasses des cafés, les musiciens s’emparent de leurs instruments. Le flamenco est roi, même si les jazzmen manouches et les fanfares des Balkans ne manquent pas.

Invasion de curieux italiens

Les hôtels des Saintes-Maries de la Mer sont pleins, de même que les parkings, les campings et les zones réservées aux camping-cars. Pour trouver où dormir, il faut aller à Arles, à 40 kilomètres. Il y aurait 40 000 personnes selon certains, mais l’Office du Tourisme compte 25 000 visiteurs, dont 7 500 gitans. En quelques jours, la population du village a plus que décuplé. Ce qui étonne le plus, c’est l’afflux d’Italiens : le quotidien local La Provence affirme qu’ils constituent le groupe de touristes le plus nombreux parmi les étrangers. Ils sont ici malgré leur défiance vis-à-vis des « Tsiganes ». « Cela fait deux mois que nous avons réservé », explique Maria de Savone, venue en voyage organisé.

« On est venu exprès », dit aussi Carla. Et Silvana enchérit : « On n’a pas peur, si nous sommes là, c’est parce que nous sommes curieuses de voir et de savoir. » Une association de tourisme responsable de Bergame, Sguardi oltre il confine, Regards au-delà des frontières, a inclus depuis près de six ans les Saintes-Maries de la Mer dans ses destinations. Daniela Coria, la responsable, déclare que « la destination a été choisie par envie de connaître la réalité de ces « satanés » Tsiganes. Nous l’avons fait pour comprendre la diversité et apprendre quelque chose en plus », dit-elle en précisant tout de même que « la demande n’a jamais été très forte ». « C’est la septième fois ! Maintenant ça suffit ! », crie un garçon resté à l’écart et approché par une Gitane : on essaie une fois de plus de lui vendre des pin’s de Sainte Sarah, censés apporter bonheur, santé et amour.

Les Sintis, pratiquement absents

Sur les quais du port, le mistral souffle fort. Garés là, il y a trois camping-cars italiens appartenant à deux familles de Sintis lombards. Les hommes sont dehors en train de parler, fumer et boire de la bière. Les femmes sont à l’intérieur avec les enfants. Une fillette habillée en danseuse de flamenco tourne autour des véhicules. Daniele, portant chapeau de cow-boy et fine moustache, vient de Desenzano : « Nous ne sommes pas Roms, nous sommes Sintis, précise-t-il. Moi, je vis dans un appartement, et eux aussi », dit-il en désignant sa famille. Ils conservent cependant les caravanes pour aller aux pèlerinages (ils sont arrivés hier de Lourdes), et l’usage de leur langue. « Mais nos petits-enfants ne connaissent déjà plus certains mots », dit Nanni, le père de Daniele. « Moi, j’en sais moins que mon père, et ma fille moins que moi…», ajoute ce dernier avec l’accent de Brescia.

Et comment vivent-ils, Italiens depuis des générations, le climat actuel ? « La délinquance nous dérange nous aussi, que croyez-vous, s’exclame Daniele. A cause de quelques uns, on met tout le monde dans le même sac. Et puis il faut dire que parfois ce qu’on raconte n’est pas vrai, comme cette histoire de la Tsigane qui aurait enlevé un nouveau-né à Naples. » Sous le regard attentif des femmes qui les invitent à ne pas faire d’excès, les hommes boivent leur bière. Ensuite, on parle de foot et du joueur de l’équipe nationale italienne Andrea Pirlo, un Sinti. « Il est de notre région, disent-ils, ses parents étaient forains, comme nous. Andrea a gagné de l’argent et maintenant ils sont à leur compte. » Un des chefs de famille rappelle qu’ils ne peuvent pas s’attarder trop longtemps. Depuis plusieurs jours, ils stationnent sur ce parking non aménagé et les forces de l’ordre le leur ont déjà fait remarquer. Ce soir, ils ne participeront pas aux animations du village avec les autres pèlerins : « Nous sommes invités à une fête privée, et demain matin on rentre à la maison », en Italie.

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