Libélyon
Ezio Mauro (La Repubblica) : « On nous confisque l’agora »

FORUM – Fin du débat sur “presse et pouvoir, relations dangereuses”. Trois questions à Ezio Mauro, sur la situation médiatique en Italie, et les attaques que subit son journal, La Repubblica, de la part de Silvio Berlusconi, le Premier Ministre italien. Celui-ci réclame des dommages et intérêts pour la publication des dix questions que le journal lui a posé, et auxquelles Berlusconi n’a jamais répondu. Situation tendue : La Repubblica demeure isolée du reste de la presse italienne…
Quelles réactions attendez-vous de la part du reste de la presse italienne par rapport à ce moment critique que vis la liberté de l’information en Italie?
Aujourd’hui, je ne m’attends à aucune réaction de la part de la presse italienne. Chaque journal fait ce qu’il veut, il a sa propre ligne éditoriale, ce qui permet de demeurer indépendant. Il a le droit de choisir entre l’information spectacle et l’information généraliste. Ceci est d’ailleurs la base du principe de la presse qui est dite « libre et indépendante ».
Mais n’avez-vous pas besoin de solidarité?
Non, je ne m’attends à aucune solidarité. Fondamentalement, je dors tranquille la nuit.
La situation médiatique en Italie est elle irréversible? Est-il nécessaire de réformer la profession?
Je pense que c’est encore possible de faire un bon journalisme en Italie. J’y crois encore car sinon j’aurais arrêté de le défendre jour par jour. Je ne me sens pas frustré de l’intrusion du pouvoir dans le métier car je me bats contre ça. Je suis satisfait, même si parfois je me demande si j’aurais pas pu faire mieux. Etant donné que le journaliste est un médiateur entre la politique et les citoyens, une information libre est toujours un perpétuel combat.
Ilaria Montagano et Laurie Bouclet (IEP)
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(première partie à propos du sujet)
Pas de vacances pour moi cet été, pas des voyages comme je rêvais et je continue à rêver.
Le 15 juin j’ai commencé un stage dans la rédaction de Turin d’un important quotidien italien. Deux semaines de stage, avant de l’interruption en juillet et août voulue par “l’Ordine nazionale dei giornalisti“, l’association professionnelle des journalistes qui “contrôle” les écoles de journalisme et les oblige à ne pas accorder des stage pendant ces deux mois à ses étudiants pour permettre aux journalistes au chômage de trouver un boulot.
Selon la directrice de mon école, j’aurais pu commencer le stage avant mes autres collègues de manière que, en juillet et en août, j’aurais pu continuer à bosser come pigiste et, ensuite, recommencer à être un simple stagiaire en septembre et octobre.
Je savais déjà que cela ne se passera pas comme ça, car en juillet et août j’ai un autre stage journalistique, obtenu grâce à ma license en communication et pas grâce à l’école de journalisme, et donc tout à fait régulière pour l’Ordine.
Pendant ces deux semaines je peux dire d’avoir déjà appris pas mal de choses. Je vais les mettre en liste:
- la division de la journée par rapport aux réunions de la rédaction. C’est banale, mais je ne pensais pas que l’écriture d’une articles puisse changer trois, quatre fois pendant la journée;
- les sources officiels pour les faits divers et les chroniques judiciaires;
- la possibilité d’écrire de manière encore plus brève et précise;
- les manières de mes rapporter aux gens.
C’était la rédaction chargée de préparer les pages de l’édition locale de ce grand quotidien national, et donc les occasions pour travailler et apprendre ne sont pas manquées. J’ai pu écrire des articles à partir du premier jour: des problèmes des passegers des trains; les exercitations “militaires” des étudiants d’un master en peacekeeping; les problèmes dus à la movida, la vie nocturne de jeunes de Turin. J’ai aussi fait un réportage d’un quartier pour documenter la vente de shit, hashish dans un des quartiers les plus fréquentés par les jeunes.
Je ne m’attendais pas de faire autant.
Aujourd’hui, à 15 h, je commence mon deuxième stage dans ce grand et important quotidien à Milan. Je serai dans le service “Grandi cronache”, c’est-à-dire tout ce qui concerne la politique nationale et les faits divers italien.
Je sais déjà que je vais ne rien faire pendant deux mois, même si la directrice de mon école, qui a travaillé pour ce quotidien, m’a donné pas mal de conseils pour trouver un espace. Tout le monde me dit que c’est une grande occasion, une occasion unique, mais moi, franchement, je veux un peu plus d’action dans ma vie.
Je crois que c’est du temps perdu, des vacances et des voyages ratées, et aussi une perte d’argent: je n’ai pas de salaire, ni remboursement de frais, que de frais des voyages (abbonement train et métro pour deux mois) et pour les répas.
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Fisk reste le meilleur. Dans cet article, il donne une nouvelle leçon de journalisme…
Go into the average newspaper office and you’ll find the reporters staring at Sky News or the BBC or Al-Jazeera International.
But visit the studios of Sky News, the BBC or Al-Jazeera International, and you’ll discover that all the journalists there are reading newspapers. Its an odd form of osmosis which – being an old-fashioned reporter – I’m not very happy about. I still believe, along with an encouraging number of young Arab and Israeli reporters, that we’ve got to be out on the streets, just as I was when I started in journalism in the Blyth office of the Newcastle Evening Chronicle. So Fisk was prowling the streets of Cairo this week, hunting for Obama and Lady Hilary.
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La question concernante Silvio Berlusconi et Noemi Letizia a provoqué des effets assez bizarres dans le monde du journalisme italien. Je vais vous en parler bientôt!
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Pour continuer la série dédiée à l’espace pour les jeunes journalistes en Italie, je vous informe d’un événement qui m’est arrivé.
J’ai gagné, grâce à mon mémoire de license, la chance de faire un stage de deux mois chez un des principaux quotidiens italiens dont je ne dirai pas le nom ici.
Ce quotidien appartient à un de plus grands et importants groups éditoriaux italens et ses actionnaires appartiennent à certains groups industriaux assez influents.
Il y a quelques jours, j’ai contacté le sécretaire de la rédaction du journal pour prendre des accords pour le début du stage…
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“Directeur de la Stampa à 39 ans, ça donne une bonne impression“, lui demande Fabio Fazio, animateur télé de l’émission “Che tempo che fa“.
Lui, Mario Calabresi, répond:
“Avant d’aller aux Etas-Unis (autant que correspondant du quotidien La Repubblica, ndlr), j’avais à 36 ans et j’étais considéré un jeune journaliste et un espoir. Quand je suis arrivé aux Etas-Unis, les journalistes de 36 ans étaient considérés comme ayant une carrière déjà avancé”.
“39 ans, en Italie c’est un record, mais je crois qu’on pourrait avoir un peu plus de directeurs si jeunes. Ce n’est pas moi l’étrangeté”
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C’est une bonne nouvelle: une jeune journaliste indépendante Sophie Bouillon, 25 ans, a gagné le prix Albert-Londres, le plus important prix journalistique français, pour le reportage« Bienvenue chez Mugabe ! » publié sur la revue XXI, un magazine très bien fait.
Elle est issue d’une école de journalisme, l’ESJ de Lille, qu’on m’a dit être la meilleure en France. Après avoir terminé ses études, Sophie a choisi de se rendre souvent en Zimbabwe, pays qu’elle a connu pendant un séjour de volontariat en 2005, jusqu’à s’installer définitivement à Johannesburg, d’où elle écrit régulièrement des articles pour La Croix (ses reportages à ce lien), Jeune Afrique, lemonde.fr et pour Radio France.
Son expérience a des aspects surnaturels: je crois qu’en Italie aucun journaliste issu d’une école serait capable de s’installer à l’étranger; je crois qu’en Italie aucun journaliste issu d’une école le ferait sans avoir un contrat qui garantit un salaire régulier, en se gagnant de quoi vivre juste avec des piges; je crois qu’aucun journaliste dans ces conditions serait capable de gagner un prix si important.
Tout cela rend extraordinaire la victoire de Sophie Bouillon.
J’espère que son expérience pourra avoir des effets positifs sur les jeunes journaliste en France et en Italie.
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J’avais écrit un article à propos de ce sujet sur Cafébabel, republié dans ce blog en fin d’avril. Jeudi le Parlement européen a adopté une série de mesures pour améliorer le fonctionnement du système d’asile européen et renforcer les droits des demandeurs d’asile.
En Italie il y a un besoin énorme de lois de soutien les réfugiés, comme le démontrent les conditions de Somaliens à la clinique San Paolo de Turin; ou les lois que le ministre de l’Intérieur Roberto Maroni, de la Ligue du Nord, a proposé pour limiter l’arrivé des immigrés clandestins de la Libye et augmenter leurs rapatriements.
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Ici j’avais écrit que beaucoup de choses sont en train de changer dans la presse italienne.
Entre elles, les directeurs de certains quotidiens nationaux.
Ferruccio de Bortoli quitte la direction du premier quotidien économique italien, “il Sole 24 Ore”, pour retourner au principal quotidien, “il Corriere della Sera”, qu’il avait quitté en 2003. Il va substituer Paolo Mieli.
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